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L'ABC de la Tauromachie - Les banderilles

Géniale invention des pères de la tauromachie, le second tercio est initialement destiné à redonner de l'allant au toro "alourdit" par le combat qu'il de livrer avec le picador.

Reprises à leur compte par les maitres du genre, en fonction de leurs capacités physiques et celles du toro, les banderilles sont, comme le dit Claude Popelin : "une façon spectaculaire et agréable de faire patienter le public et de faire récupérer le toro".


Généralités

Utilité

D'abord nommées alegradores (exciteuses) ou avivadores (vivifiantes), les banderilles servent à raviver le toro en lui redonnant le "goût" de la charge et donc, le remettre au combat.

Dans ce but, il apparaît primordial de ne pas soumettre le toro à un excès de brega - travail de cape effectué par les peones pour pourvoir au besoin du combat - pour ne pas entamer sa capacité respiratoire par de longues courses répétées qui l'affaibliraient et le priveraient de mobilité durant la faena de muleta (troisième tercio).

Déroulement

Le tercio de banderilles est défini par l'article 77 du règlement taurin de l'UVTF :

1 - "[...] on banderillera l'animal en lui posant trois paires de banderilles ou au minimum deux sur décision du président.
2 - Les banderilleros interviendront deux par deux.
3 - Pendant l'exécution de ce tercio, le matador qui doit combattre le toro suivant se placera au centre du ruedo derrière le banderillero qui va intervenir, tandis que le troisième matador se placera derrière l'animal. De plus, deux peones pourront intervenir afin d'aider les banderilleros.
4 - S'ils le désirent, les matadors pourront banderiller eux-mêmes l'animal qu'ils ont à combattre et, s'ils le souhaitent, inviter les autres matadors à participer également à la suerte."

Les terrains

Banderiller c'est toréer !

A l'égal de tout autre moment de la lidia, la pose des banderilles se fait en liens étroits avec les terrains de l'arène.

Pour les terrains "afueras", vers l'extérieur (centre de la piste), le torero démarre aux tablas (barrières) et pose les banderilles aux tercios (première ligne au sol).




Pour les terrains "adentros", vers l'intérieur (barrières), le torero pose les banderilles dans le terrain défini par le toro et les tablas (planches, barrières).




La bonne paire

Après avoir évoqué la pose de banderilles sous l'angle technique il convient de l'aborder à présent sous l'angle qualitatif. Qu'est-ce qu'une bonne paire de banderilles ?

Photo - David Adalid dans les cornes - Laurent BERNEDE
On reconnait une bonne paire de banderilles au moment précis où le toro et le torero se rencontrent. L'homme doit s'offrir, s'oublier entre les cornes du toro, lui faisant croire qu'il a le dessus, qu'il va pouvoir lui asséner son coup de corne. Une fois dans "le berceau" des cornes, le bon banderillero dépose les banderilles tout en prenant appui dessus afin de pouvoir s'extirper de cette position pour le moins délicate. Sortir indemne de cette rencontre de proximité n'est accessible qu'à une poignée de toreros donnant par leur excellence les lettres de noblesse à ce tercio. Régulièrement, les banderilleros adaptent la suerte afin de la rendre moins risquée. Ils gagnent du terrain sur le toro. Se trouvant en avance sur lui, ils posent les banderilles en dehors du berceau des cornes. On nomme cette pratique "à cornes passées".


En 1852, à Séville, El Gordito, torero qui, comme son nom l’indique, n’avait pas le physique du coureur de fond, invente une manière de poser les banderilles sans avoir besoin de courir. Il cite le toro, immobile, et lorsque le toro arrive vers lui, « casse » (quiebro) sa charge, en lui indiquant une fausse sortie. Le toro anticipe donc une course imaginaire et dévie sa charge. Le torero en profite alors pour retrouver sa position initiale tout en posant les banderilles.